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Pourquoi la #Montée Des Eaux ne décourage-t-elle pas de vivre au bord de la mer ?

Propos recueillis par - Thomas Baïetto

France Télévisions

Publié le 29/10/2021

 
Un couple regarde l'océan, le 15 janvier 2021 à Biscarrosse (Landes). (PIERRE MOREL / FRANCEINFO)

 Professeur d'économie écologique, Jean-Paul Vanderlinden a beaucoup travaillé sur l'adaptation des zones côtières face aux risques liés au changement climatique. Comme il l'explique dans cette interview, les habitants du littoral font parfois "abstraction" des "discours menaçants".

 

Que recommanderiez-vous à un élu qui serait confronté à cette situation ?

La première solution est d'ouvrir une conversation équilibrée avec la population. Il peut y avoir des déséquilibres dans les deux sens : l'élu est détenteur d'une autorité, mais la population in fine va choisir qui sera l'élu en face d'elle un jour. Nous sommes dans une situation où les rapports de force sont omniprésents, donc il faut peut-être passer par des équipes techniques ou des citoyens.

 

Un risque réel n'est jamais un sujet simple à aborder. C'est le risque de l'incertain et la valeur qui se rencontrent. L'incertain, on n'aime pas cela et perdre des objets de valeur, on n'aime pas cela ; donc ce n'est vraiment pas simple et ces débats, tendus, peuvent mener à une dispute. La question, c'est le respect mutuel, la capacité d'écouter et à ne pas considérer que des options s'imposent d'elles-mêmes. La relocalisation, c'est intéressant, mais c'est aussi quelque chose d'assez menaçant. Et effectivement, dans nos structures démocratiques, si vous envisagez quelque chose qui est fortement déplaisant et si vous l'envisagez un peu maladroitement, vous n'arrivez pas au prochain cycle électoral. Mais cela fait partie du débat.

Il y a autre chose qui est vraiment important. Je reviens à mon point de départ : penser le problème uniquement en termes "d'exposition", c'est-à-dire en termes de digues ou de délocalisation, un peu comme s'il y avait un interrupteur on/off entre deux choix, est quelque chose qui bloque la discussion. D'un côté, nous savons aujourd'hui que le trait de côte géré par la digue n'est pas une solution, que cela surexpose les gens qui sont derrière la digue. Un jour, elle sera dépassée, quoi qu'on fasse, et ce jour-là, des gens seront noyés. Et d'un autre côté, la délocalisation est extrêmement déplaisante. Quiconque est déplacé de force n'aime pas cela.

"Par contre, nous pouvons envisager beaucoup d'autres choses, comme un travail sur le bâti. Comment fait-on pour que le bâti soit le moins endommagé possible ? Comment fait-on pour qu'il y ait le moins de victimes possibles ?"

Jean-Paul Vanderlinden  

à franceinfo

 Retrouvez l'article sur le site France Info : en cliquant ici 

 
  • Jean-Paul Vanderlinden à France info
  • 02/11/2021
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